GÉOPOLITIQUE · EAU & INFRASTRUCTURES
GÉOPOLITIQUE · EAU & INFRASTRUCTURES
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Géopolitique de l’eau

Géopolitique de l’eau

Géopolitique de l’eau

Sécuriser l’eau consiste-t-il à réduire la dépendance ou à la déplacer ?
Sécuriser l’eau consiste-t-il à réduire la dépendance ou à la déplacer ?
Sécuriser l’eau consiste-t-il à réduire la dépendance ou à la déplacer ?
David Blanchon · Le Cavalier Bleu · 2019
David Blanchon · Le Cavalier Bleu · 2019


[ Note de lecture 04/ 05 ]
[ Note de lecture 04/ 05 ]

UNE NOTE DE LECTURE PAR MIRADOR

L'angle de lecture

L'angle de lecture

Créer une nouvelle source d’eau ne supprime pas nécessairement la dépendance.

Créer une nouvelle source d’eau ne supprime pas nécessairement la dépendance.

Créer une nouvelle source d’eau ne supprime pas nécessairement la dépendance.

Une ressource hydrique ne devient un service qu’après une succession d’opérations : captage, traitement, stockage, transport et allocation. Lorsqu’une source conventionnelle atteint ses limites, un État peut dessaler de l’eau de mer, réutiliser des eaux déjà mobilisées, transférer des volumes entre bassins ou sécuriser l’accès à un fleuve partagé. La continuité de l’approvisionnement peut alors progresser sans que la vulnérabilité disparaisse. Elle se déplace vers l’énergie, les infrastructures, le financement, les capacités techniques ou la relation avec un acteur situé en amont.
Une ressource hydrique ne devient un service qu’après une succession d’opérations : captage, traitement, stockage, transport et allocation. Lorsqu’une source conventionnelle atteint ses limites, un État peut dessaler de l’eau de mer, réutiliser des eaux déjà mobilisées, transférer des volumes entre bassins ou sécuriser l’accès à un fleuve partagé. La continuité de l’approvisionnement peut alors progresser sans que la vulnérabilité disparaisse. Elle se déplace vers l’énergie, les infrastructures, le financement, les capacités techniques ou la relation avec un acteur situé en amont.
Une ressource hydrique ne devient un service qu’après une succession d’opérations : captage, traitement, stockage, transport et allocation. Lorsqu’une source conventionnelle atteint ses limites, un État peut dessaler de l’eau de mer, réutiliser des eaux déjà mobilisées, transférer des volumes entre bassins ou sécuriser l’accès à un fleuve partagé. La continuité de l’approvisionnement peut alors progresser sans que la vulnérabilité disparaisse. Elle se déplace vers l’énergie, les infrastructures, le financement, les capacités techniques ou la relation avec un acteur situé en amont.

LES TROIS CLÉS DE LECTURE

LES TROIS CLÉS DE LECTURE

Trois mécanismes pour distinguer ressource disponible, continuité du service et dépendance.
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01 - DISPONIBILITÉ

01 - DISPONIBILITÉ

Une ressource physique n’est pas encore un service hydrique

Une ressource physique n’est pas encore un service hydrique

L’existence d’un fleuve, d’un aquifère ou d’une façade maritime ne dit pas quelle quantité d’eau peut effectivement être fournie à une population ou à une activité. Qualité, saisonnalité, stockage, traitement, réseau et continuité d’exploitation séparent la ressource présente dans le milieu de l’eau réellement disponible au bon endroit et au moment nécessaire.

L’existence d’un fleuve, d’un aquifère ou d’une façade maritime ne dit pas quelle quantité d’eau peut effectivement être fournie à une population ou à une activité. Qualité, saisonnalité, stockage, traitement, réseau et continuité d’exploitation séparent la ressource présente dans le milieu de l’eau réellement disponible au bon endroit et au moment nécessaire.

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02 - SUBSTITUTION

02 - SUBSTITUTION

Changer de source déplace souvent davantage la dépendance qu’il ne la supprime

Changer de source déplace souvent davantage la dépendance qu’il ne la supprime

Dessaler réduit la pression exercée sur les eaux continentales, mais accroît le rôle de l’électricité, des membranes, des conduites et du capital. Réutiliser augmente les volumes mobilisables, mais suppose traitement et contrôle de la qualité. Transférer de l’eau vers une zone déficitaire sécurise son approvisionnement tout en élargissant la géographie du système dont elle dépend.

Dessaler réduit la pression exercée sur les eaux continentales, mais accroît le rôle de l’électricité, des membranes, des conduites et du capital. Réutiliser augmente les volumes mobilisables, mais suppose traitement et contrôle de la qualité. Transférer de l’eau vers une zone déficitaire sécurise son approvisionnement tout en élargissant la géographie du système dont elle dépend.

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03 - POUVOIR

03 - POUVOIR

La dépendance devient géopolitique lorsqu’une fonction difficile à remplacer est contrôlée ailleurs

La dépendance devient géopolitique lorsqu’une fonction difficile à remplacer est contrôlée ailleurs

Un État d’aval peut dépendre des débits gérés en amont. Un territoire peut dépendre d’un grand réseau de transfert. Une nouvelle source peut reposer sur une capacité énergétique ou financière extérieure. Le pouvoir hydrique ne réside donc pas uniquement dans la possession de l’eau. Il apparaît aussi dans la capacité à modifier les conditions auxquelles cette eau devient effectivement disponible.

Un État d’aval peut dépendre des débits gérés en amont. Un territoire peut dépendre d’un grand réseau de transfert. Une nouvelle source peut reposer sur une capacité énergétique ou financière extérieure. Le pouvoir hydrique ne réside donc pas uniquement dans la possession de l’eau. Il apparaît aussi dans la capacité à modifier les conditions auxquelles cette eau devient effectivement disponible.

CADRE D’ANALYSE

CADRE D’ANALYSE

Où se déplace la dépendance lorsque l’approvisionnement est sécurisé ?
Où se déplace la dépendance lorsque l’approvisionnement est sécurisé ?

RESSOURCE

Quelle eau existe effectivement ?

Quelle eau existe effectivement ?

quantité · qualité · saisonnalité

RESSOURCE

Quelle eau existe effectivement ?

quantité · qualité · saisonnalité

CONVERSION

Comment devient-elle utilisable ?

Comment devient-elle utilisable ?

captage · stockage · transfert

ACHEMINEMENT

Comment arrive-t-elle jusqu’à l’usage ?

Comment arrive-t-elle jusqu’à l’usage ?

stockage · pompage · réseau

ALLOCATION

Qui reste servi sous contrainte ?

Qui reste servi sous contrainte ?

priorité · tarif · quota

DÉPENDANCE

Quelle fonction devient difficile à remplacer ?

Quelle fonction devient difficile à remplacer ?

énergie · infrastructure · amont

APPLICATION RÉGIONALE

APPLICATION RÉGIONALE

TUNISIE · ÉGYPTE · IRAK / TURQUIE
TUNISIE · ÉGYPTE · IRAK / TURQUIE

Produire davantage d’eau ne suffit pas si le service reste fragile

La Tunisie permet de distinguer très nettement ressource disponible, capacité de production et continuité du service. Une grande partie du potentiel conventionnel est déjà mobilisée. Les ressources de surface sont exploitées à environ 95 % de leur potentiel, tandis que les prélèvements souterrains représentent autour de 133 % de la ressource renouvelable. Dans le même temps, le dessalement et la réutilisation restent encore minoritaires dans l’approvisionnement national. Le système ne peut donc plus répondre à la contrainte par la seule mobilisation d’un barrage ou d’une nappe supplémentaire.

L’extension des ressources non conventionnelles modifie cette situation, mais elle ne résout pas automatiquement les difficultés situées plus loin dans la chaîne. Le programme hydrique soutenu en 2026 par la Banque mondiale l’illustre bien. Le doublement prévu de la capacité de dessalement de Zarat, de 50 000 à 100 000 m³ par jour, s’accompagne d’investissements dans la réhabilitation des réseaux, la modernisation de la SONEDE, le déploiement de compteurs intelligents et l’amélioration de l’irrigation. L’enveloppe de 700 millions de dollars sur dix ans ne finance donc pas uniquement une nouvelle eau. Elle cherche à renforcer le système qui doit la convertir en service.

Ce déplacement est essentiel. Lorsque la ressource conventionnelle atteint ses limites, le problème ne devient pas simplement celui de trouver davantage d’eau. Il faut également réduire les pertes, distribuer les volumes, mesurer les consommations, financer les infrastructures et arbitrer entre usages.

Ces arbitrages apparaissent particulièrement en période de sécheresse. Protéger davantage l’alimentation humaine ou certains usages économiques peut reporter une part de l’ajustement sur l’agriculture irriguée sans garantir pour autant une distribution domestique parfaitement continue. La sécurité hydrique devient alors une politique de répartition de la contrainte autant qu’une politique d’augmentation de l’offre.

Une nouvelle source peut donc améliorer sensiblement la situation sans suffire à corriger un service fragile. Le cas tunisien montre que la dépendance se déplace progressivement de la seule ressource naturelle vers la qualité du réseau, la capacité d’investissement et l’organisation de l’allocation.

Réutiliser l’eau augmente le service plus vite que la ressource

L’Égypte permet d’aller un cran plus loin. Sa vulnérabilité hydrique est souvent lue à travers le Nil et la relation avec l’Éthiopie. Cette dimension demeure structurante. L’achèvement du GERD a modifié le rapport entre amont et aval sans faire disparaître la dépendance égyptienne au fleuve. Mais se concentrer uniquement sur cette relation masque une transformation importante du système hydrique intérieur.

La réponse égyptienne consiste notamment à faire circuler plusieurs fois une partie des volumes déjà mobilisés. Pour une demande annuelle estimée à 88,55 milliards de m³, les ressources disponibles sont évaluées à environ 65,35 milliards. L’écart, soit près de 23,2 milliards de m³, est couvert par la réutilisation d’eaux déjà entrées dans le système.

Cette différence est importante. Réutiliser 23,2 milliards de m³ ne crée pas une quantité équivalente d’eau naturelle. Cela augmente le nombre de services qu’une même ressource peut rendre avant de quitter le système. Les grandes installations de traitement donnent une dimension industrielle à cette logique. Bahr el-Baqar peut traiter environ 5,6 millions de m³ par jour et le système du Nouveau Delta doit atteindre environ 7,5 millions de m³ d’eaux de drainage agricole traitées quotidiennement.

La distinction pertinente n’est donc plus seulement celle qui oppose disponibilité et pénurie. Elle se situe entre ressource primaire et volume de service rendu.

Cette stratégie réduit l’écart entre besoins et ressources sans supprimer les dépendances fondamentales. L’accès au Nil reste essentiel. S’y ajoutent désormais la capacité à traiter des volumes considérables, à maintenir les installations, à contrôler la qualité, à fournir l’énergie nécessaire au pompage et à organiser leur redistribution.

L’Égypte ne produit donc pas seulement davantage d’eau utilisable. Elle augmente l’intensité d’usage de la ressource dont elle dispose. La sécurité hydrique dépend alors autant de l’intégrité du système industriel qui permet cette seconde circulation que du volume primaire entrant dans le pays.

Coopérer sur l’eau ne signifie pas devenir symétriques

Le système Tigre-Euphrate introduit une troisième configuration. Ici, la dépendance ne provient pas seulement de la disponibilité physique ou de la capacité intérieure à transformer la ressource. Elle tient également à la géographie politique du bassin. La Turquie contrôle une partie importante des écoulements en amont, tandis que l’Irak dépend fortement de volumes formés ou régulés hors de son territoire.

Cette relation a longtemps été décrite essentiellement à travers le débit et les grands aménagements turcs. Elle évolue aujourd’hui vers une architecture plus large. L’accord-cadre signé en 2024 puis son mécanisme d’exécution établi en 2025 ne portent plus uniquement sur la quantité d’eau libérée vers l’Irak. Ils intègrent modernisation de l’irrigation, qualité de l’eau, remise en état des terres, infrastructures et gouvernance de la ressource.

Ce déplacement change la nature de la coopération. Bagdad peut accroître la quantité de service obtenue à partir de chaque unité d’eau disponible en réduisant les pertes et en modernisant ses usages. Ankara conserve pour autant sa position d’amont. À l’asymétrie hydrologique s’ajoute même une relation technique et industrielle, puisque les projets doivent être développés conjointement et peuvent associer des entreprises turques à leur réalisation et à leur financement.

L’asymétrie ne disparaît donc pas. Elle devient plus complexe.

Le rapport entre les deux pays ne se résume plus à une opposition entre débit turc et besoin irakien. Il associe désormais volume disponible, efficacité des réseaux, infrastructures, financement et capacités institutionnelles. Une dépendance transfrontalière peut ainsi produire davantage de coopération sans devenir pour autant une relation symétrique.

C’est précisément ce qui rend insuffisant le vocabulaire de la « guerre de l’eau ». Dans un même bassin, coopération et rapport de force peuvent progresser simultanément. L’enjeu n’est pas seulement de savoir qui possède ou libère l’eau, mais quelles fonctions chacun contrôle dans le système qui permet de la transformer en service.

ÉCLAIRAGE EMPIRIQUE

ÉCLAIRAGE EMPIRIQUE

Le dessalement passe d’appoint à infrastructure de l’eau potable marocaine
Le dessalement passe d’appoint à infrastructure de l’eau potable marocaine
Maroc · part du dessalement dans l’eau potable · 2023–2030
Maroc · part du dessalement dans l’eau potable · 2023–2030

CE QUE MONTRE LA DONNÉE

En quelques années, le dessalement change de statut dans l’approvisionnement en eau potable marocain. Encore marginal en 2023, il représente déjà environ 13 % en 2025 et devrait dépasser 63 % à l’horizon 2030. Le changement n’est donc pas seulement quantitatif : il marque le passage vers un système où une part majoritaire de l’eau potable est produite industriellement. La dépendance à la pluviométrie s’atténue en partie, mais elle se déplace vers l’énergie, le financement, la maintenance et les infrastructures techniques.

En quelques années, le dessalement change de statut dans l’approvisionnement en eau potable marocain. Encore marginal en 2023, il représente déjà environ 13 % en 2025 et devrait dépasser 63 % à l’horizon 2030. Le changement n’est donc pas seulement quantitatif : il marque le passage vers un système où une part majoritaire de l’eau potable est produite industriellement. La dépendance à la pluviométrie s’atténue en partie, mais elle se déplace vers l’énergie, le financement, la maintenance et les infrastructures techniques.

SOURCE & MÉTHODE

Données : ONEE ; dossier de collecte actualisé ; données sur la part du dessalement dans l’eau potable marocaine en 2023, 2025 et 2030.

Calculs et visualisation : La figure retient un indicateur unique : la part du dessalement dans l’approvisionnement en eau potable marocain à trois dates. Elle vise à montrer une transformation structurelle de la fonction du dessalement dans le système hydrique. Elle ne mesure ni l’ensemble des ressources en eau du Maroc ni la sécurité hydrique globale du pays.

CE QUE J’EN RETIENS

CE QUE J’EN RETIENS

Sécuriser l’eau ne supprime pas nécessairement la dépendance : cela change souvent ce dont le service dépend.
Sécuriser l’eau ne supprime pas nécessairement la dépendance : cela change souvent ce dont le service dépend.

La Tunisie complète progressivement un système conventionnel proche de ses limites par le dessalement, la réutilisation et la modernisation des réseaux. L’Égypte augmente la quantité de service obtenue à partir de sa ressource en faisant circuler plusieurs fois une partie de l’eau déjà mobilisée. Dans le bassin Tigre-Euphrate, l’Irak et la Turquie ajoutent désormais l’efficacité, les infrastructures et le financement à une relation historiquement organisée autour des débits. Le dessalement marocain rendra ce déplacement encore plus visible dans l’éclairage empirique. Lorsque l’eau de mer devient une source majeure d’alimentation potable, une partie de la vulnérabilité quitte le cycle des précipitations pour entrer dans celui de l’énergie, du capital et du fonctionnement d’infrastructures industrielles. Ces transformations ne rendent pas les systèmes indépendants. Elles modifient la nature de ce dont dépend leur continuité. La sécurité hydrique doit donc être appréciée moins comme l’absence de dépendance que comme la capacité à éviter qu’un service essentiel repose sur une fonction unique, difficilement substituable et située hors de toute maîtrise. Diversifier les sources, entretenir les réseaux, accroître la réutilisation ou institutionnaliser une coopération transfrontalière constituent alors différentes manières d’élargir les options disponibles lorsque la ressource conventionnelle ne suffit plus.

La Tunisie complète progressivement un système conventionnel proche de ses limites par le dessalement, la réutilisation et la modernisation des réseaux. L’Égypte augmente la quantité de service obtenue à partir de sa ressource en faisant circuler plusieurs fois une partie de l’eau déjà mobilisée. Dans le bassin Tigre-Euphrate, l’Irak et la Turquie ajoutent désormais l’efficacité, les infrastructures et le financement à une relation historiquement organisée autour des débits. Le dessalement marocain rendra ce déplacement encore plus visible dans l’éclairage empirique. Lorsque l’eau de mer devient une source majeure d’alimentation potable, une partie de la vulnérabilité quitte le cycle des précipitations pour entrer dans celui de l’énergie, du capital et du fonctionnement d’infrastructures industrielles. Ces transformations ne rendent pas les systèmes indépendants. Elles modifient la nature de ce dont dépend leur continuité. La sécurité hydrique doit donc être appréciée moins comme l’absence de dépendance que comme la capacité à éviter qu’un service essentiel repose sur une fonction unique, difficilement substituable et située hors de toute maîtrise. Diversifier les sources, entretenir les réseaux, accroître la réutilisation ou institutionnaliser une coopération transfrontalière constituent alors différentes manières d’élargir les options disponibles lorsque la ressource conventionnelle ne suffit plus.

LÀ OÙ LA GRILLE S’ARRÊTE

LÀ OÙ LA GRILLE S’ARRÊTE

Une dépendance déplacée n’est pas nécessairement une dépendance aggravée.
Une dépendance déplacée n’est pas nécessairement une dépendance aggravée.

Identifier l’endroit vers lequel une vulnérabilité se déplace ne permet pas encore de déterminer si la solution retenue est préférable. Remplacer une ressource continentale sous pression par du dessalement accroît la dépendance à l’énergie et aux infrastructures, mais peut réduire fortement l’exposition à la sécheresse. Réutiliser davantage d’eau exige des capacités de traitement et de contrôle, mais peut rendre un système plus résilient. Formaliser une coopération entre un État d’amont et un État d’aval peut maintenir une asymétrie tout en améliorant concrètement l’efficacité de l’approvisionnement. Ces dépendances ne sont donc pas équivalentes. Elles diffèrent par leur coût, leur durée, leur réversibilité et la possibilité de leur substituer une solution alternative. Elles n’impliquent pas non plus les mêmes conséquences environnementales ni la même répartition des charges entre acteurs. Une infrastructure énergivore, une nappe surexploitée, un débit transfrontalier ou un financement extérieur ne peuvent pas être ramenés à une métrique unique. La grille n’indique pas davantage quelle réponse devrait être privilégiée. Les choix hydriques dépendent de la structure productive, de l’urbanisation, des institutions, des prix, des investissements antérieurs et des capacités budgétaires. Une nouvelle usine de dessalement ou un transfert entre bassins n’est jamais uniquement une réponse technique à un manque d’eau. Une dernière limite doit être conservée. Sécuriser l’approvisionnement d’un usage peut reporter une partie de la contrainte sur un autre. Une ville peut être protégée en réduisant certaines allocations agricoles. Une industrie peut obtenir une ressource plus régulière grâce à une infrastructure dont le coût est supporté plus largement. Un territoire peut accroître sa sécurité en devenant davantage dépendant d’un réseau extérieur. La question pertinente reste donc ouverte : sécurité hydrique de qui, pour quel usage et à quel coût ? La grille permet de localiser les dépendances dont repose un service. Elle ne suffit pas, à elle seule, à juger leur soutenabilité économique, leur acceptabilité politique ou la justice de leur répartition.

Identifier l’endroit vers lequel une vulnérabilité se déplace ne permet pas encore de déterminer si la solution retenue est préférable. Remplacer une ressource continentale sous pression par du dessalement accroît la dépendance à l’énergie et aux infrastructures, mais peut réduire fortement l’exposition à la sécheresse. Réutiliser davantage d’eau exige des capacités de traitement et de contrôle, mais peut rendre un système plus résilient. Formaliser une coopération entre un État d’amont et un État d’aval peut maintenir une asymétrie tout en améliorant concrètement l’efficacité de l’approvisionnement. Ces dépendances ne sont donc pas équivalentes. Elles diffèrent par leur coût, leur durée, leur réversibilité et la possibilité de leur substituer une solution alternative. Elles n’impliquent pas non plus les mêmes conséquences environnementales ni la même répartition des charges entre acteurs. Une infrastructure énergivore, une nappe surexploitée, un débit transfrontalier ou un financement extérieur ne peuvent pas être ramenés à une métrique unique. La grille n’indique pas davantage quelle réponse devrait être privilégiée. Les choix hydriques dépendent de la structure productive, de l’urbanisation, des institutions, des prix, des investissements antérieurs et des capacités budgétaires. Une nouvelle usine de dessalement ou un transfert entre bassins n’est jamais uniquement une réponse technique à un manque d’eau. Une dernière limite doit être conservée. Sécuriser l’approvisionnement d’un usage peut reporter une partie de la contrainte sur un autre. Une ville peut être protégée en réduisant certaines allocations agricoles. Une industrie peut obtenir une ressource plus régulière grâce à une infrastructure dont le coût est supporté plus largement. Un territoire peut accroître sa sécurité en devenant davantage dépendant d’un réseau extérieur. La question pertinente reste donc ouverte : sécurité hydrique de qui, pour quel usage et à quel coût ? La grille permet de localiser les dépendances dont repose un service. Elle ne suffit pas, à elle seule, à juger leur soutenabilité économique, leur acceptabilité politique ou la justice de leur répartition.