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INDUSTRIE DE DÉFENSE · POLITIQUE INDUSTRIELLE
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Turquie : exporter l’armement, puis produire chez l’acheteur

Les exportations turques de défense ont dépassé 10 milliards de dollars, mais les grands contrats récents ne portent plus seulement sur des matériels. Cobra II en Roumanie, HÜRJET en Espagne ou drones en Italie déplacent aussi production, soutien et ingénierie hors de Turquie, au sein de bases industrielles partenaires. L’enjeu est désormais de savoir quelles fonctions la Turquie peut internationaliser sans déplacer le centre de maîtrise de ses systèmes.

Les exportations turques de défense ont dépassé 10 milliards de dollars, mais les grands contrats récents ne portent plus seulement sur des matériels. Cobra II en Roumanie, HÜRJET en Espagne ou drones en Italie déplacent aussi production, soutien et ingénierie hors de Turquie, au sein de bases industrielles partenaires. L’enjeu est désormais de savoir quelles fonctions la Turquie peut internationaliser sans déplacer le centre de maîtrise de ses systèmes.


[ Analyse 08/08 ]
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L’ENJEU

La Turquie a bâti son industrie de défense en cherchant à produire chez elle des systèmes auparavant importés. Ses clients lui demandent désormais un mouvement comparable. En Roumanie, 781 des 1 059 Cobra II commandés doivent être produits localement ; en Espagne, l’industrie nationale doit représenter 60 % du programme d’entraînement fondé sur le HÜRJET ; en Italie, Baykar acquiert Piaggio Aerospace et codéveloppe avec Leonardo. Le succès exportateur déplace donc la compétition : il ne suffit plus de vendre un produit, il faut aussi décider où seront produites sa valeur, ses compétences et sa capacité d’évolution.
REPÈRE VISUEL

Ces antennes actives Ericsson matérialisent le type d’équipement au cœur du choix costaricien. L’enjeu de l'analyse commence précisément ici : un fournisseur n’apporte pas seulement une technologie, mais aussi l’environnement juridique et politique dans lequel il demeure inscrit.

Photo : SimplySacha · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0 · traitement Mirador


[Analyse 06 / 08]
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L’ENJEU

L’ENJEU

La Turquie a bâti son industrie de défense en cherchant à produire chez elle des systèmes auparavant importés. Ses clients lui demandent désormais un mouvement comparable. En Roumanie, 781 des 1 059 Cobra II commandés doivent être produits localement ; en Espagne, l’industrie nationale doit représenter 60 % du programme d’entraînement fondé sur le HÜRJET ; en Italie, Baykar acquiert Piaggio Aerospace et codéveloppe avec Leonardo. Le succès exportateur déplace donc la compétition : il ne suffit plus de vendre un produit, il faut aussi décider où seront produites sa valeur, ses compétences et sa capacité d’évolution.
La Turquie a bâti son industrie de défense en cherchant à produire chez elle des systèmes auparavant importés. Ses clients lui demandent désormais un mouvement comparable. En Roumanie, 781 des 1 059 Cobra II commandés doivent être produits localement ; en Espagne, l’industrie nationale doit représenter 60 % du programme d’entraînement fondé sur le HÜRJET ; en Italie, Baykar acquiert Piaggio Aerospace et codéveloppe avec Leonardo. Le succès exportateur déplace donc la compétition : il ne suffit plus de vendre un produit, il faut aussi décider où seront produites sa valeur, ses compétences et sa capacité d’évolution.
REPÈRE VISUEL
REPÈRE VISUEL

Ces antennes actives Ericsson matérialisent le type d’équipement au cœur du choix costaricien. L’enjeu de l'analyse commence précisément ici : un fournisseur n’apporte pas seulement une technologie, mais aussi l’environnement juridique et politique dans lequel il demeure inscrit.

Ces antennes actives Ericsson matérialisent le type d’équipement au cœur du choix costaricien. L’enjeu de l'analyse commence précisément ici : un fournisseur n’apporte pas seulement une technologie, mais aussi l’environnement juridique et politique dans lequel il demeure inscrit.

Photo : SimplySacha · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0 · traitement Mirador
Photo : SimplySacha · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0 · traitement Mirador

EN BREF

01

La localisation devient une condition d’accès à certains grands marchés. Roumanie, Espagne, Arabie saoudite ou Indonésie associent de plus en plus l’achat de systèmes turcs à production locale, transfert de technologie, soutien ou participation industrielle.

La localisation devient une condition d’accès à certains grands marchés. Roumanie, Espagne, Arabie saoudite ou Indonésie associent de plus en plus l’achat de systèmes turcs à production locale, transfert de technologie, soutien ou participation industrielle.

02

Produire à l’étranger ne signifie pas nécessairement perdre la maîtrise. La valeur stratégique peut rester concentrée dans la conception, le logiciel, l’intégration, la propriété intellectuelle, les sous-systèmes critiques ou la capacité de modernisation, même lorsque l’assemblage se déplace.

Produire à l’étranger ne signifie pas nécessairement perdre la maîtrise. La valeur stratégique peut rester concentrée dans la conception, le logiciel, l’intégration, la propriété intellectuelle, les sous-systèmes critiques ou la capacité de modernisation, même lorsque l’assemblage se déplace.

03

Mais les implantations les plus profondes changent la nature du contrôle. Coentreprises, certifications locales, ingénierie et droits d’export placent une partie du cycle de vie sous la juridiction ou la responsabilité du pays hôte. Le fournisseur gagne en accès et en capacité, mais partage davantage la décision.

Mais les implantations les plus profondes changent la nature du contrôle. Coentreprises, certifications locales, ingénierie et droits d’export placent une partie du cycle de vie sous la juridiction ou la responsabilité du pays hôte. Le fournisseur gagne en accès et en capacité, mais partage davantage la décision.

CHIFFRES CLÉS

10,054 Md$

10,054 Md$

10,054 Md$

EXPORTATIONS 2025

Défense et aéronautique turques, contre 1,64 milliard de dollars en 2014.

781 / 1 059

781 / 1 059

781 / 1 059

COBRA II

Véhicules du contrat roumain devant être produits localement, soit près de trois sur quatre.

60 %

60 %

60 %

HÜRJET / SAETA II

Participation prévue de l’industrie espagnole au programme d’entraînement fondé sur le HÜRJET.

ANALYSE

ANALYSE

Où reste la maîtrise lorsque la production se déplace ?
Où reste la maîtrise lorsque la production se déplace ?

L’exportation devient progressivement une implantation industrielle

L’industrie turque a d’abord changé d’échelle comme exportateur. Ses ventes de défense et d’aéronautique passent de 1,64 milliard de dollars en 2014 à plus de 10 milliards en 2025. Cette croissance précède les localisations actuelles : les entreprises ont d’abord dû construire des produits compétitifs, obtenir des références opérationnelles et multiplier les clients avant que se pose une nouvelle question — où produire les volumes gagnés à l’export ?

La politique publique accompagne désormais explicitement cette seconde étape. La stratégie 2024-2028 de la Présidence des industries de défense ne vise plus seulement la progression des ventes : elle encourage projets multinationaux, consortiums, insertion des entreprises turques dans les chaînes mondiales et nouveaux modèles de coopération internationale. L’internationalisation productive n’est donc plus seulement une concession imposée par certains acheteurs ; elle devient progressivement un mode d’expansion du secteur.

La Roumanie fournit le cas le plus immédiatement observable. Sur 1 059 Cobra II, seuls 278 doivent être produits en Turquie contre 781 en Roumanie. La production en série a commencé à Mediaș en 2026 et les premiers véhicules intégralement fabriqués localement ont déjà été livrés. Surtout, la coentreprise Otokar–Automecanica doit assurer non seulement fabrication, mais aussi ingénierie, soutien après-vente et marketing. Le site étranger commence alors à remplir davantage de fonctions qu’une simple chaîne d’assemblage.

Il faut toutefois éviter le terme trop simple de « délocalisation ». Sans production locale, certains marchés n’auraient peut-être jamais été remportés. Le bon contrefactuel n’est donc pas nécessairement 1 059 véhicules produits en Turquie contre 278 en Turquie et 781 en Roumanie, mais contrat fortement localisé contre absence de contrat. Une usine étrangère peut retirer certaines opérations à la base domestique tout en créant pour les entreprises turques des volumes, des composants, des services et des revenus qui n’auraient autrement pas existé.

La quantité produite localement ne dit pas où se trouve la souveraineté industrielle

Le principal piège serait de mesurer la localisation uniquement par un pourcentage. Les 73,7 % de Cobra II produits en Roumanie et les 60 % de participation industrielle espagnole au programme HÜRJET ne décrivent d’ailleurs pas la même chose : le premier chiffre mesure un lieu de fabrication ; le second une participation à l’ensemble d’un système d’entraînement. Les comparer directement donnerait l’illusion d’une métrique commune qui n’existe pas.

Toutes les fonctions n’ont surtout pas la même valeur stratégique. Assemblage final, production de structures, maintenance, intégration système, logiciel, conception, certification, propriété intellectuelle ou droit d’export vers des pays tiers ne déplacent pas le même degré de maîtrise. Un client peut fabriquer une grande partie de la masse physique d’un produit tout en restant dépendant du fournisseur pour le logiciel, les capteurs ou les modifications majeures. La vraie question n’est donc pas combien de pièces restent turques, mais quelles fonctions restent turques.

Le programme espagnol l’illustre particulièrement bien. Turkish Aerospace demeure constructeur du HÜRJET, mais Airbus devient maître d’œuvre national et l’industrie espagnole doit prendre en charge conversion, intégration de systèmes, simulation, maintenance et capacité d’évolution de la flotte. Le produit devient progressivement moins un « avion turc vendu à l’Espagne » qu’une plateforme turque insérée dans un système espagnol.

Cette architecture réduit une partie de la dépendance future de l’acheteur au fournisseur initial. Ce n’est pas un effet secondaire : Airbus présente explicitement transfert technologique, retour industriel et souveraineté sur le soutien et l’évolution comme des objectifs du programme. La localisation permet donc au fournisseur de gagner le marché précisément en aidant le client à être moins dépendant après l’achat.

Les implantations étrangères peuvent aussi renforcer les entreprises turques

L’Italie montre que l’internationalisation ne fonctionne pas seulement dans le sens Turquie → technologie → acheteur. En acquérant Piaggio Aerospace, Baykar obtient une base industrielle disposant d’ingénieurs, d’activités de production et de maintenance, de moteurs et surtout de certifications civiles européennes et de nouvelles capacités de certification militaire italiennes. L’implantation étrangère peut donc permettre à une entreprise turque d’importer dans son propre groupe des capacités qu’elle ne possédait pas nécessairement sous la même forme en Turquie.

La coentreprise LBA Systems avec Leonardo va plus loin encore. Détenue à parts égales, elle doit couvrir conception, développement, production et soutien de systèmes aériens sans pilote. Leonardo apporte notamment électronique, certification et intégration multidomaine ; Baykar ses plateformes et son expérience dans les drones. Nous ne sommes plus dans la simple fabrication sous licence : les compétences des deux bases industrielles doivent être combinées pour développer des systèmes communs.

Cette implantation ouvre aussi un accès plus direct aux chaînes d’approvisionnement, certifications et marchés européens. Mais elle introduit en contrepartie une autre souveraineté réglementaire. Les opérations italiennes restent soumises au droit italien, au contrôle des technologies stratégiques et aux règles locales sur les destinations d’exportation. Une entreprise peut ainsi posséder un actif à l’étranger sans disposer de la même liberté que sur un site implanté en Turquie. Propriété capitalistique et contrôle souverain ne se confondent pas.

L’internationalisation productive accroît donc simultanément la capacité de la firme et la fragmentation juridique de son appareil industriel. C’est le prix d’un accès plus profond à d’autres marchés, compétences et systèmes de certification.

Le véritable seuil est atteint lorsque le site étranger devient autonome dans certaines fonctions

Les différents contrats forment finalement un continuum. La Roumanie localise fortement la fabrication ; l’Espagne récupère une partie de l’intégration et du cycle de vie ; l’Arabie saoudite cherche à insérer technologie et composants dans sa politique nationale de localisation ; l’Indonésie entre dans la chaîne KAAN sans que l’assemblage final quitte nécessairement la Turquie ; l’Italie pousse jusqu’à l’acquisition et au codéveloppement. Il n’existe donc pas un modèle unique de production chez l’acheteur.

Cette diversité explique pourquoi l’export physique devient un indicateur incomplet. Lorsque des véhicules sont fabriqués à Mediaș, la valeur turque peut se déplacer vers propriété intellectuelle, sous-systèmes, ingénierie, composants, services ou profits de coentreprise. Une industrie multinationale mature peut même voir ses exportations physiques progresser moins vite que les revenus et l’influence mondiale de ses entreprises.

Le principal risque apparaît lorsque le transfert remonte progressivement vers les fonctions les plus difficiles à remplacer. Un client qui apprend à assembler, maintenir, modifier puis concevoir réduit à chaque étape une partie de sa dépendance. Mais produire une structure ou du câblage ne suffit pas à reproduire logiciel, architecture mission, capteurs ou intégration. La profondeur du transfert compte davantage que son volume.

C’est là que se joue le conflit entre deux autonomies stratégiques. Le fournisseur cherche à conserver technologie, conception et capacité de décision ; le client veut réduire sa dépendance extérieure. Chaque contrat fixe donc une frontière différente entre les fonctions qui peuvent être localisées et celles que l’entreprise turque entend continuer à contrôler.

ANALYSE INDUSTRIELLE

La maîtrise se déplace avec les fonctions, pas avec les volumes
La maîtrise se déplace avec les fonctions, pas avec les volumes
INDUSTRIE TURQUE DE DÉFENSE · PROFONDEUR D’IMPLANTATION ET CONTRÔLE FONCTIONNEL LOCAL · ROUMANIE, ESPAGNE, ITALIE · 2026
INDUSTRIE TURQUE DE DÉFENSE · PROFONDEUR D’IMPLANTATION ET CONTRÔLE FONCTIONNEL LOCAL · ROUMANIE, ESPAGNE, ITALIE · 2026

LECTURE

Les trois implantations ne transfèrent pas les mêmes fonctions. En Roumanie, Cobra II déplace surtout fabrication, ingénierie et soutien. En Espagne, HÜRJET reste une plateforme turque, mais l’industrie nationale gagne en autonomie sur l’intégration, la maintenance et l’évolution. L’Italie va plus loin avec Piaggio et LBA Systems, qui associent implantation, certification et codéveloppement. Le contenu local ne suffit donc pas à mesurer la maîtrise : plus le transfert remonte vers l’intégration et la conception, plus le contrôle industriel devient partagé.

SOURCE & MÉTHODE

Sources : Otokar pour Cobra II. Airbus et Turkish Aerospace pour HÜRJET. Baykar, Leonardo et Piaggio Aerospace pour les implantations italiennes. La stratégie turque 2024-2028 complète la lecture sur l’internationalisation du secteur.

Traitement et visualisation : Mirador, avec Python et Matplotlib. Les cas sont positionnés selon la profondeur de l’implantation et les fonctions réellement transférées, plutôt que selon un simple taux de contenu local.

POINT DE BASCULE

Le basculement ne se produit pas lorsqu’un matériel turc est simplement assemblé à l’étranger : ce seuil est déjà dépassé depuis longtemps. Il intervient lorsque des implantations étrangères de groupes turcs ou de leurs coentreprises commencent elles-mêmes à concevoir, certifier ou exporter des systèmes vers des pays tiers. À ce moment, la logique change de nature : le site ne sert plus uniquement le contrat du pays hôte. Il devient l’un des nœuds d’un réseau industriel transnational. L’Italie est aujourd’hui le cas le plus proche de ce seuil avec LBA Systems ; la Roumanie fournirait un second test si Mediaș commençait un jour à produire des Cobra II pour d’autres marchés.
Le basculement ne se produit pas lorsqu’un matériel turc est simplement assemblé à l’étranger : ce seuil est déjà dépassé depuis longtemps. Il intervient lorsque des implantations étrangères de groupes turcs ou de leurs coentreprises commencent elles-mêmes à concevoir, certifier ou exporter des systèmes vers des pays tiers. À ce moment, la logique change de nature : le site ne sert plus uniquement le contrat du pays hôte. Il devient l’un des nœuds d’un réseau industriel transnational. L’Italie est aujourd’hui le cas le plus proche de ce seuil avec LBA Systems ; la Roumanie fournirait un second test si Mediaș commençait un jour à produire des Cobra II pour d’autres marchés.
Le basculement ne se produit pas lorsqu’un matériel turc est simplement assemblé à l’étranger : ce seuil est déjà dépassé depuis longtemps. Il intervient lorsque des implantations étrangères de groupes turcs ou de leurs coentreprises commencent elles-mêmes à concevoir, certifier ou exporter des systèmes vers des pays tiers. À ce moment, la logique change de nature : le site ne sert plus uniquement le contrat du pays hôte. Il devient l’un des nœuds d’un réseau industriel transnational. L’Italie est aujourd’hui le cas le plus proche de ce seuil avec LBA Systems ; la Roumanie fournirait un second test si Mediaș commençait un jour à produire des Cobra II pour d’autres marchés.

CONDITION DE RÉVISION

CE QUI FERAIT CHANGER L’ANALYSE
CE QUI FERAIT CHANGER L’ANALYSE

Le diagnostic devra être revu si, dans les prochaines années, les implantations étrangères restent essentiellement des chaînes contractuelles d’assemblage, tandis que composants critiques, conception, propriété intellectuelle, modifications majeures, certification et droits d’export demeurent systématiquement sous contrôle des sites turcs. Dans ce cas, il serait excessif de parler de système productif transnational : nous aurions surtout des exportations accompagnées d’offsets industriels de plus en plus sophistiqués. À l’inverse, l’apparition d’exportations vers pays tiers depuis les sites européens, de versions développées conjointement, d’autorités locales de certification ou d’une répartition durable des fonctions industrielles entre plusieurs pays confirmerait qu’une partie de l’industrie turque ne se définit plus seulement par son territoire d’origine, mais par le réseau international qu’elle contrôle ou partage.

Le diagnostic devra être revu si, dans les prochaines années, les implantations étrangères restent essentiellement des chaînes contractuelles d’assemblage, tandis que composants critiques, conception, propriété intellectuelle, modifications majeures, certification et droits d’export demeurent systématiquement sous contrôle des sites turcs. Dans ce cas, il serait excessif de parler de système productif transnational : nous aurions surtout des exportations accompagnées d’offsets industriels de plus en plus sophistiqués. À l’inverse, l’apparition d’exportations vers pays tiers depuis les sites européens, de versions développées conjointement, d’autorités locales de certification ou d’une répartition durable des fonctions industrielles entre plusieurs pays confirmerait qu’une partie de l’industrie turque ne se définit plus seulement par son territoire d’origine, mais par le réseau international qu’elle contrôle ou partage.

À SURVEILLER

01

01

Roumanie : au-delà du contrat initial
Roumanie : au-delà du contrat initial

La capacité de la coentreprise de Mediaș à obtenir des commandes supplémentaires — en particulier pour d’autres clients — dira si elle reste une usine destinée à l’offset roumain ou devient un véritable site exportateur de l’empreinte industrielle d’Otokar.

La capacité de la coentreprise de Mediaș à obtenir des commandes supplémentaires — en particulier pour d’autres clients — dira si elle reste une usine destinée à l’offset roumain ou devient un véritable site exportateur de l’empreinte industrielle d’Otokar.

02

Italie : production et codéveloppement effectifs
Italie : production et codéveloppement effectifs

Les premiers produits réellement issus de Piaggio ou de LBA Systems permettront de distinguer une architecture industrielle annoncée d’un réseau de conception et de production effectivement opérationnel.

Les premiers produits réellement issus de Piaggio ou de LBA Systems permettront de distinguer une architecture industrielle annoncée d’un réseau de conception et de production effectivement opérationnel.

03

Espagne : autonomie d’évolution du HÜRJET
Espagne : autonomie d’évolution du HÜRJET

La capacité de l’industrie espagnole à modifier et faire évoluer SAETA II sans dépendre systématiquement de Turkish Aerospace montrera jusqu’où une plateforme turque peut coexister avec une souveraineté d’usage largement localisée.

La capacité de l’industrie espagnole à modifier et faire évoluer SAETA II sans dépendre systématiquement de Turkish Aerospace montrera jusqu’où une plateforme turque peut coexister avec une souveraineté d’usage largement localisée.

04

Valeur technologique conservée en Turquie
Valeur technologique conservée en Turquie

Au-delà des lieux d’assemblage, il faudra suivre où restent conception, logiciel, sous-systèmes critiques, propriété intellectuelle, certification et feuille de route des modernisations. C’est cette carte fonctionnelle, davantage que le pourcentage de contenu local, qui dira où demeure réellement le centre de maîtrise.

Au-delà des lieux d’assemblage, il faudra suivre où restent conception, logiciel, sous-systèmes critiques, propriété intellectuelle, certification et feuille de route des modernisations. C’est cette carte fonctionnelle, davantage que le pourcentage de contenu local, qui dira où demeure réellement le centre de maîtrise.